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Impossible de rater l’usine Fralib de Gemenos, le parcours est balisé par les slogans des ouvriers de l’entreprise en grève depuis maintenant 8 semaines !

Les banderoles annoncent la couleur, ils ne céderont pas.

Présentation de l’entreprise

FRALIB est une entreprise crée en 1989, filiale de la multinationale UNILEVER qui produit 400 marques dans les domaines des soins personnels et des produits alimentaires. On y trouve entre autres les marques Knorr, Slim Fast, Lipton, Cif, Omo, Axe, Lux, Rexona, ainsi que Vaseline très utile à la direction pour se retourner contre les salariés qui serrent les fesses !

Le chiffre d’affaire au niveau mondial d’UNILEVER est de 39 800 000 000 €   (si vous avez du mal à lire le chiffre, c’est normal !).Les produits sont vendus dans 170 pays et il y a 264 sites de production.

Aux origines du conflit :

Tout remonte selon les salariés à la mise en place de la nouvelle direction de M Llovera, ancien patron de Coca Cola, en 2008.

Le bilan de la direction est particulièrement éloquent et les méthodes employées symptomatiques d’un capitalisme amoral, qui place au dernier rang de ses préoccupations le travailleur, producteur des richesses dont il tire pourtant tous ses bénéfices.

Il faut dire qu’il ne fait pas bon être ouvrier chez FRALIB depuis la mise en place de M Lovera, actuel PDG de l’entreprise.

Depuis son installation aux commandes, les conditions de travail se sont très fortement dégradées et les salaires n’en finissent pas de perdre du terrain par rapport au capital des actionnaires et leurs dividendes. Il a bien proposé aux salariés une augmentation de 0.2 % mais à condition qu’ils payent eux-mêmes leur mutuelle, ce qui au final faisait un salaire net moins élevé qu’auparavant ! Le comble de la mesquinerie.

Il faut savoir en effet qu’un opérateur de niveau 1 gagnait il y 20 ans 46% de plus que le SMIC. De nos jours, il ne touche plus que 3.5% de plus ! L’érosion des salaires est une réalité et contraste fortement avec les profits réalisés.

Dans le même temps les gains de productivité ont été de 50% et les dividendes perçues par les actionnaires du groupe se sont élevées à 1 milliard et 50 millions d’Euros entre 2007 et 2008.

Le PDG d’UNILEVER quant à lui, perçoit un salaire de 393 000 € par mois, soit 273 fois le SMIC !

On pourrait se dire qu’une entreprise aussi florissante que celle là, sur notre territoire, doit générer beaucoup de recettes fiscales…

C’est sans compter sur l’habileté financière des patrons qui ont crée une filiale en Suisse, propriétaire des matières premières et des produits finis, qui centralise en Suisse tous les profits réalisés en France ! Cela représente, d’après les représentants syndicaux, un montant de 200 millions d’Euros qui ne sont pas portés au bénéfice, donc non imposés par le Trésor Public. Le montant non perçu par le Fisc s’élèverait à 67 millions d’Euros par an. Un véritable détournement fiscal, réalisé sans doute dans la plus grande légalité !

Quelles revendications ?

Les salariés de Fralib demandent une augmentation de salaire de 200€ par mois. La masse salariale ainsi générée représenterait un surcoût de 2 centimes sur chaque boite de thé de 25 sachets. Le coût salarial pour l’entreprise passerait de 15 centimes par boite à 17 centimes !

Même si cela était répercuté sur le consommateur au final, cela ne représente presque rien par rapport au volume des ventes.

Les économies se font sur les salaires qui ne cessent de s’éroder face aux revenus du capital, mais aussi au détriment du consommateur. En effet, les sachets de thé qui a l’origine pesaient 20 g, ont subit une cure d’amincissement (comme les produits allégés de la marque) et sont passés à 16 g ! Malgré cette substantielle économie de 20% sur la matière première, réalisée sur le dos des consommateurs, le prix à augmenté régulièrement…

Les méthodes pour diminuer la masse salariale sont perverses. Ainsi, pour justifier 57 licenciements, l’entreprise a tout simplement transféré la production de 300 millions de sachets en Belgique. Vive le marché européen et le libre-échangisme !

Et comme rien n’arrête un bon PDG bien décidé à optimiser les profits, la qualité des produits en a aussi fait les frais : La direction a fait passer 12 mécaniciens chargés de la maintenance des machines à la production. Les machines tombent en panne et les opérateurs font ce qu’ils peuvent pour assurer tout de même la production. Il s’en ressent une baisse de qualité que les opérateurs déplorent. Le moral des travailleurs s’en ressent. Les cadences augmentent et le stress au travail aussi. Cela engendre des arrêts de travail, des accidents, et de nombreuses dépressions. L’ambiance est morose et certains employés craignent d’en arriver au suicide (le syndrome France –Telecom)

Les ouvriers dénoncent les conditions de travail qui se sont fortement dégradées depuis 2 ans.  Ils ont interpellé à plusieurs reprises le service qualité, ainsi que la direction. Participé à de multiples réunions ou ils étaient écoutés. Ils pensaient alors que des gens aussi intelligents tiendraient compte de leurs remarques pour le bien de l’entreprise…c’était préjuger de leurs facultés…Et tout à pu continuer à empirer tranquillement.

Les représailles patronales :

Il ne fait pas bon être syndiqué ou pire encore, délégué syndical à FRALIB. Un des représentants de la CGT au Comité d’entreprise, M Gérard CAZORLA en a fait les frais. Le début de sa carrière a été tout à fait normal, avec une avancée tout à fait régulière, jusqu’au jour ou il est devenu représentant syndical, tout a basculé. Il n’a plus eu accès à aucun avancement. Il est resté bloqué au niveau ou il était lors de son engagement syndical. Il a intenté un procès pour discrimination.

La dernière trouvaille de la direction a été de porter plainte contre 4 leaders syndicaux pour entrave à la liberté du travail, en référé.  Les grévistes ont dû se justifier et ont produit 6 attestations de travailleurs non grévistes confirmant que personne ne les empêchait de se rendre à leur travail. Nous avons personnellement constaté qu’il n’y avait aucun obstacle à la libre circulation dans l’entreprise.

Cette tentative d’intimidation n’impressionne pas les grévistes qui sont bien déterminés à poursuivre le conflit jusqu’à satisfaction de leur revendication.

Conclusion

Le conflit de FRALIB pose tous les problèmes du capitalisme financier et de son bras armé, le mondialisme.

  • Economie au service du capital et non des salariés considérés comme une variable d’ajustement.
  • Diminution progressive ou brutale de la masse salariale considérée comme une charge s’opposant au profit
  • Augmentation des profits du capital et diminution des salaires et du nombre de salariés
  • Augmentation toujours plus importante de la productivité, au détriment de la qualité des marchandises et du bien être des employés.
  • Rythmes de travail toujours plus difficiles à tenir pour augmenter la plus-value
  • Libre circulation des capitaux et des marchandises qui favorise l’évasion fiscale et le dumping social
  • Méthodes de management autoritaires, discriminatoires, sans considération humaine

La solidarité doit être totale et le soutien à la lutte des FRALIB sans faille, car ce qui se joue actuellement est une bataille décisive entre le capital et le travail. Si le capital gagne cette lutte, il n’y aura guère plus d’espoir de changer le système qui favorise les revenus du capital (actions et dividendes) contre ceux du travail. La baisse des salaires, les licenciements et le chômage ne touchent pas les capitalistes. Ce sont les travailleurs qui en souffrent. Pendant ce temps, tout est fait pour que les riches deviennent plus riches sur le dos des classes moyennes et populaires. Tous ces sacrifiés sur l’autel du capitalisme n’ont rien demandé à personne et subissent la loi du plus fort.

Les richesses existent mais elles sont injustement réparties. Une nouvelle donne est indispensable pour une société plus humaine et plus juste.

« La guerre des classes existe, c’est un fait, mais c’est la mienne, la classe des riches, qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la remporter »  Warren Buffet – milliardaire


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